Un constat qui revient souvent, mais qui mérite d'être creusé
« Les hommes ne veulent plus s'engager. » C'est une phrase qu'on entend de plus en plus, dans les discussions entre amies, sur les réseaux sociaux, parfois même dans la bouche des hommes eux-mêmes. Le constat n'est pas totalement faux : l'âge moyen du premier mariage recule dans beaucoup de pays d'Afrique francophone, et de nombreuses femmes témoignent de relations qui durent des années sans jamais déboucher sur un engagement clair. Mais réduire ce phénomène à une simple « peur de l'engagement » masculine serait passer à côté de causes plus profondes, souvent économiques et sociales avant d'être psychologiques.
La pression du « prêt financièrement »
En Afrique, l'engagement, surtout le mariage, reste rarement une affaire de deux personnes seulement. Il engage souvent aussi les familles, avec des attentes concrètes : dot, cérémonie, capacité à subvenir aux besoins du foyer dès le départ. Beaucoup d'hommes intègrent, parfois dès l'adolescence, l'idée qu'un homme doit être financièrement stable, voire nanti, avant de pouvoir légitimement demander une femme en mariage et assumer la responsabilité d'un foyer. Dans un contexte économique difficile, où trouver un emploi stable et bien rémunéré prend du temps, cette exigence retarde mécaniquement l'engagement, non pas par manque d'envie, mais par manque de moyens jugés suffisants pour l'assumer dignement.
Ce facteur, souvent sous-estimé dans le débat, explique une partie importante du phénomène : ce n'est pas toujours une fuite de l'engagement, mais parfois une prudence imposée par la réalité économique et par la peur de décevoir en n'étant pas à la hauteur du rôle attendu.
Des rôles qui changent, des repères qui bougent
Un autre élément entre en jeu : les attentes autour du couple évoluent, des deux côtés. De plus en plus de femmes, notamment celles qui ont fait des études ou qui vivent en Occident au sein de la diaspora, revendiquent davantage d'indépendance, remettent en question certains rôles traditionnels, ou attendent une relation plus égalitaire que celle vécue par leurs parents. Pour certains hommes, habitués à un modèle plus classique, ces attentes nouvelles peuvent créer une forme d'incertitude : ils ne savent plus toujours ce qu'on attend d'eux, entre le rôle traditionnel qu'on leur a transmis et les nouvelles attentes qu'on leur exprime. Cette incertitude ne traduit pas forcément un refus de l'engagement, mais parfois une difficulté réelle à s'y retrouver entre deux modèles différents.
Il serait toutefois réducteur de présenter cette évolution des attentes féminines comme la cause du problème. Elle fait partie d'un mouvement plus large d'émancipation légitime, qui concerne autant les femmes en Afrique que celles de la diaspora, et qui pousse justement à des relations plus honnêtes, où les deux partenaires s'accordent sur leurs rôles plutôt que de les subir sans en parler.
Ce que vivent réellement beaucoup d'hommes
Beaucoup d'hommes, de leur côté, expriment une autre réalité : la peur de s'engager avec la mauvaise personne, dans une société où le divorce reste encore stigmatisé et où revenir en arrière après un mariage est souvent plus compliqué pour un homme que pour une femme sur le plan social et familial. Certains parlent aussi de la pression constante de « réussir » avant de fonder une famille, et de la comparaison permanente avec d'autres hommes de leur génération, entretenue par les réseaux sociaux.
Ce que dit la réalité du terrain en Afrique
Sur le terrain, la situation est loin d'être uniforme. De nombreux hommes africains s'engagent, se marient, fondent une famille, souvent dès qu'ils estiment avoir atteint une stabilité suffisante. D'autres retardent volontairement l'engagement, non par rejet du couple, mais parce qu'ils veulent d'abord sécuriser leur situation personnelle avant d'y intégrer quelqu'un d'autre. Et une minorité, comme dans toute société, évite effectivement l'engagement par confort ou par peur assumée de la responsabilité. Ces trois profils coexistent, et c'est justement ce mélange qui rend le débat aussi difficile à trancher d'un simple « oui » ou « non ».
La question n'est pas vraiment de savoir si les hommes africains fuient l'engagement, mais de comprendre ce qui, dans leur contexte réel, rend cet engagement plus lent ou plus incertain qu'avant.
Une position nuancée
Dire que « les hommes africains fuient l'engagement » est une généralisation qui ne rend justice ni à ceux qui s'engagent sincèrement, ni à ceux qui retardent leur engagement pour des raisons économiques ou sociales bien réelles, ni aux femmes qui, elles aussi, redéfinissent leurs propres attentes. La vérité est plus nuancée : l'engagement ralentit globalement, chez les hommes comme chez les femmes, sous l'effet combiné de la pression économique, de l'évolution des rôles et de la peur, partagée par les deux sexes, de mal choisir.
Ce qui aide réellement à avancer, ce n'est pas de chercher un coupable, mais de favoriser des rencontres où les intentions sont posées clairement dès le départ. C'est exactement ce que Monkeur cherche à faciliter : permettre à des célibataires sérieux, hommes et femmes, d'exprimer directement ce qu'ils recherchent, pour éviter les mois d'incertitude qui nourrissent justement ce débat.